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April 13, 2022
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April 13, 2022

Pour suivre le Christ, faut-il vraiment hair sa famille, comme le exige Jesus au chapitre 14 de l’evangile d’apres saint Luc ?

Reponse de Bruno Regent, jesuite.

Lecture en 4 min.

Pour suivre Jesus, faut-il hair une famille ?

Sophie de Villeneuve : Un internaute de croire.com demande pourquoi, dans l’evangile de Luc, Jesus dit que pour le suivre, il convient hair le pere, sa maman, sa femme, ses bambins, ses freres et s?urs, ainsi, jusqu’a sa propre vie. Voila une phrase difficile a entendre !

B. friendfinder comment ca marche R. : C’est une phrase qu’il faudrait d’abord resituer dans le contexte. Elle se voit dans le chapitre 14 de Luc, ce qui veut dire que 13 chapitres la precedent, ainsi, qu’on ne va pas la lire sans avoir en tronche plusieurs prealables. D’abord, on sait combien les relations familiales au milieu des membres de notre famille sont marquantes et importantes, et blessantes. Cette phrase me demande d’abord d’examiner d’ou je viens et ce que j’herite, de nommer notre histoire, de considerer les points difficiles que j’ai en gali?re surmontes.

Vous voulez dire qu’on n’aime pas forcement son pere, sa maman, ses freres et s?urs…

B. R. : effectivement,. Mais paradoxalement, Afin de hair son pere, sa tante, etc., il convient commencer via aimer pere, mere, etc.

Il convient donc les aimer pour i?tre capable de les hair ensuite !

B. R. : A travers les blessures de l’enfance, j’ai a habiter ma terre, a habiter notre histoire. Et a la recevoir une main de Dieu qui me dit : « la zone de ta naissance, la zone de ta parente reste un lieu a partir duquel tu peux grandir. Crois que c’est possible, ainsi, que tu n’es pas marque a life via nos blessures que tu as pu en recevoir. Voit une maniere de regarder tous ceux qui t’entourent comme des personnes aimables qui, comme toi, paraissent appeles a etre bambins de Dieu. » C’est dans votre terrain d’estime des relations familiales que l’on est en mesure de entendre la phrase de Jesus. Elle s’adresse a quelqu’un qui veut etre disciple de Jesus, donc qui a commence a ecouter Jesus, a developper une familiarite avec lui et qui possi?de envie de le suivre. C’est le deuxieme prealable : mon desir de lire le Christ. A partir de la, emerge claque que diverses relations me genent pour suivre le Christ et d’autres qui m’aident. Jesus dit qu’il faudrait hair SON pere, SA mere… C’est couple parent et adjectif possessif qui est vise. Si le pere que j’ai, qui m’a donne naissance et m’a eleve, devient le pere au sens possessif et prend la place de Dieu en moi, j’ai a le hair.

C’est la forme d’amour que l’on a qui est en jeu ici ?

B. R. : Exactement. Pourquoi pas, quand des frere et s?urs s’associent Afin de former une mafia, s’entendre et agir ensemble… C’est un type de relations fraternelles qui prend le dessus par rapport a J’ai relation au Christ, et qui donne la primaute a la loi du clan par rapport a toute loi morale. Notre Christ nous devoile qu’il faudrait hair cette categorie de relations. J’aime les freres et s?urs parce qu’ils sont gamin de Dieu et que j’entends en eux votre filiation.

Vous dites qu’il faudrait ajuster l’affection que l’on porte a une famille, une purifier ?

B.R. : L’exemple le plus celebre est l’episode une Genese qui raconte le sacrifice d’Isaac, ou d’Abraham suivant le titre qu’on lui donne. Dieu semble reclamer a Abraham le sacrifice de le gamin. A J’ai fin de l’episode, ce n’est jamais un agneau qui est immole, qui symboliserait le sacrifice du fils, mais c’est un bouc ! C’est Abraham obligee de couper le lien de dependance qu’il a via rapport a le fils, qui le detient. Ce gamin d’une promesse, qu’il n’a jamais envie de perdre, il l’empeche en realite de se developper et de grandir. Et des l’episode suivant, on assiste au mariage d’Isaac, libere.

Ce n’est gui?re une interpretation un brin trop psychanalytique ?

B. R. : On ne peut reduire l’analyse en Bible a une lecture psychanalytique, mais la parole de Dieu est une epee a double tranchant qui toucher au fond de nos c?urs a les affections desordonnees. La plus grande difficulte dans notre vie spirituelle, c’est la volonte propre, c’est-a-dire le jugement que je porte et que je ne desire nullement soumettre a d’autres.

Notre phrase de Jesus ne signifie donc nullement qu’il faut rompre avec sa famille, mais qu’il faut tomber sur une certaine distance.

B. R. : Ni l’un ni l’autre. Cela s’agit d’aimer pere, maman, frere, etc. au titre de leur qualite d’enfants de Dieu et de rien d’autre. Si je suis pere, si je suis mere, j’ai aussi a exister comme fils ou comme fille de Dieu. C’est au titre du temoignage de votre que j’habite bien en etant pere de famille – votre fils qui prie, qui reste relie a Dieu et qui essaie de comprendre votre que veut penser dans le quotidien concrete etre enfant de Dieu – que je peux elever les enfants pour qu’ils soient a un tour des enfants de Dieu.

Aussi on va pouvoir etre 1 meilleur disciple ?

B. R. : Cela veut penser qu’on ne prend pas la place de Dieu, surpris comme votre pere tout-puissant imaginaire, mais que l’on fait communaute en fraternite, pere et maman compris. Et que l’on est disciples ensemble.

Peut-on rapprocher votre phrase de celle-ci : « Qui est la tante, qui paraissent mes freres ? »

B. R. : Que Jesus termine en disant : « Ma mere et freres, votre paraissent ceux qui ecoutent la parole de Dieu et qui la gardent. » C’est une definition en famille ideale.

Donc la famille ideale, c’est celle que nous formons en Eglise…

B. R. : Notre premiere cellule est la cellule familiale, dont le fondement et le role est d’ouvrir via la cellule ecclesiale, et plus largement concernant la cellule de l’humanite, puisque l’Eglise est appelee a inclure l’ensemble d’la famille humaine.

Voila qui elargit la perspective !

B. R. : C’est une mise en verite de ce que sont en definitive nos relations familiales, vues dans la foi. Cela reste ardu concernant des parents de ne pas mettre mon tour sur leur enfant, avec un ideal de bonnes etudes, d’un metier, d’un conjoint, etc. Il s’agit d’ouvrir chacun des membres d’la famille a une relation au Tout-Autre, qui permet a tous de coder, d’inventer, devenir un enfant de Dieu qui etonnera les autres.

Et qui permet a tous de trouver sa place.

B. R. : Oui. Je connais un individu qui, apres avoir connu bien de la peine, a fini par se rendre compte que le don de Dieu qu’elle souhaite, ainsi, qu’elle a apporte aux autres, c’est sa pauvrete, sa surdite, ses limites. Chacun a sa place.

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